Interview réalisée par le site http://www.football365.fr. 
Après un début de saison réussi malgré un temps de jeu restreint, Marouane Chamakh s’accommode de sa condition de suppléant de luxe et aborde son quotidien avec optimisme. Bordelais et fier de l’être… Marouane Chamakh, comment vous sentez-vous ? Je me sens très bien, le moral est bon ! Nous sommes toujours en course en UEFA et en championnat : ça va plutôt bien. Donc je n’ai pas à me plaindre (ndlr : interview réalisée avant la défaite de Bordeaux à Nancy). Pourquoi ne jouez-vous pas plus souvent ? Je relativise mais je suis quand même content, y compris si je ne rentre que pour jouer dix ou quinze minutes. J’essaie toujours d’apporter quelque chose. Avant, je prenais peut-être un peu moins bien le fait de ne pas assez jouer parce que l’on a toujours envie de disputer tous les matchs. Mais physiquement, on ne peut pas. C’est le football. Et le coach a un gros groupe à disposition. Donc il essaie de faire tourner. Alors, cela ne me dérange pas d’entrer en cours de match. Laurent Blanc vous réserve-t-il un rôle de joker sur mesure ? Non, non, pas du tout. Pour l’instant, j’ai eu le temps de jeu voulu, même si je sais que je pourrais bénéficier de plus. Mais ce sont ses choix et je donne le maximum. Est-ce parce que l’on vous reproche de ne pas marquer assez de buts ? Peut-être que cela joue… Il est vrai que pour un attaquant, marquer des buts est quand même primordial. Le coach est assez grand pour en juger… David Jemmali nous confiait que vous deviez travailler plus devant le but… C’est vrai ! Et je suis le premier à le dire, sachant que je dois travailler mon jeu dans plusieurs domaines. Mais avec la gêne que j’ai au genou depuis deux ans, une fois l’entraînement terminé, je n’ai pas envie d’user mon cartilage encore plus. Il faut juste que je récupère. J’aimerais en profiter après les séances mais il vaut mieux que je me repose. Vous indiquez vouloir progresser dans plusieurs domaines. Desquels s’agit-il ? Bon déjà, devant le but ! Ensuite, c’est au niveau tactique. Dans mes appels de balle, ça va à peu près mais je sais que je dois encore progresser en la matière. Cette saison, vous semblez moins impulsif sur le terrain. Marouane Chamakh s’est-il assagi ? Par rapport aux saisons précédentes, il est vrai que j’arrive à mieux me canaliser. Parfois, après de gros efforts ou un mauvais arbitrage, je me laissais un peu aller. Mais à présent, j’arrive à prendre sur moi, ce qui est mieux pour le groupe, le public et pour moi. « J’essaie de rendre la monnaie de la pièce » Que manque-t-il à Bordeaux pour être plus performant actuellement ? Je crois qu’il faut que nous soyons un peu plus réguliers. Et là, ça devrait passer. Parfois, nous réalisons un ou deux bons résultats d’affilée puis nous nous relâchons. Mais cela dure depuis plusieurs saisons… Comment expliquez-vous le fait de mal entamer les matchs ? C’est une question que je me pose tous les jours, avant les matchs, après ou avant de m’endormir. Mais à laquelle je n’arrive pas à répondre ? Je ne sais pas pourquoi c’est comme ça. Nous avons envie de réaliser de grosses entames mais tout d’un coup, nous réagissons au lieu d’agir. Et c’est très souvent le cas. On vous sait attaché au maillot marine. Que représente-t-il pour vous ? Beaucoup de choses. Ce maillot représente tout pour moi en fait. C’est pour cette raison que lorsque j’entre sur un terrain, je me donne à fond. C’est pour le public d’abord, pour mes amis, ma famille et le staff, parce que c’est un club que j’adore depuis tout petit et auquel je dois tout car j’y ai été formé. J’essaie de rendre la monnaie de la pièce. C’est comme ça. C’est mouiller le maillot parce qu’on l’aime et pas parce que l’on nous force. Vous avez ces derniers mois refusé des propositions de Lyon, Toulouse et de l’étranger, notamment. Ne le regrettez-vous pas aujourd’hui ? Non car j’ai fait la part des choses. De plus, la discussion que j’ai eue avec le coach m’a plu. Disons que c’était ce qui me faisait le plus peur au départ, même si tout a été très correct avec le président et la direction au sujet de ma prolongation de contrat. Toutes les parties étaient gagnantes donc pas de raisons de partir. Cela signifie-t-il que vous seriez prêt à rester quelques années de plus à Bordeaux ? Il est difficile de dire oui ou non car en football, on ne sait jamais. Vous savez, on peut sincèrement annoncer vouloir rester puis partir au dernier moment. Ou l’inverse. Ce qui a d’ailleurs été le cas pour moi… Aujourd’hui, avec quelques coéquipiers, vous symbolisez l’identité Girondins de Bordeaux. Quels sont les autres joueurs du club qui vous ont marqué par le passé ? Comme tout le monde, des joueurs comme Dugarry, Zidane et beaucoup d’autres… Je n’ai malheureusement pas connu la génération des Trésor, Battiston, Giresse ou Tigana. Mais on m’en parle beaucoup. Je devais être à peine né durant les belles années de Bordeaux mais j’ai été admirateur de beaucoup de joueurs qui sont passés ici, dont certains ne sont pas restés longtemps, tels que Pauleta, Smertin ou Savio. L’admiration, vous la suscitez vous-même au Maroc, pays dans lequel vous êtes une star, voire une icône. Comment vivez-vous ce statut ? Plutôt bien ! Cela ne me dérange pas… Vous savez, ce n’est pas quelque chose que l’on choisit pour profiter d’une certaine reconnaissance. Celle-ci, je l’ai au Maroc… Après, à quoi est-elle due ? Je ne sais pas. Cela provient peut-être de ma façon de jouer, de ma façon d’être sur et en dehors du terrain. Mais c’est un rôle que j’accepte et que j’endosse. Voilà. De notre correspondant à Bordeaux, Laurent BRUN (But! Bordeaux) |