Le Bayern n’a plus le choix
Le Bayern est en crise. Même si nous n’en sommes qu’au début de saison, le club phare de la Bavière a déjà laisser évaporer pas mal de ses ambitions. Soucieuse de prolonger son état de grâce de la précédente campagne, l’équipe munichoise accumule les désillusions depuis quelques semaines. Un faux départ symbolisé par cette triste série de trois matches sans le moindre succès et une onzième place au classement guère conforme à son statut. Afin d’éviter de s’enfoncer encore plus, préserver ses chances de remporter un second Bouclier d’affilée, mais aussi et surtout éviter à son entraîneur le limogeage, elle se doit impérativement de l’emporter demain à Karlsruhe, dans le cadre de la 8e journée du championnat.
Un programme des plus chargés
Durant les trois semaines qui suivent, le Bayern Munich va être confronté à un calendrier particulièrement infernal. En 22 jours, Ribéry et ses coéquipiers seront appellés à disputer pas moins de sept matches, dont trois particulièrement importants, contre la Fiorentina en Ligue des Champions et face à Schalke 04 sur la scène nationale. D’autre part, ils affronteront également des équipes de seconde zone du championnat allemand, à savoir Wolfsburg, Francfort et Arminia Bielefeld. Des équipes que les Bavarois ont aujourd’hui beaucoup du mal à battre. Face à Karlsruhe demain, ils n’auront toutefois pas d’autres alternatives que de l’emporter. Mesure-t-il cette situation d’urgence ? A priori oui, si l’on se fie aux récents propos du milieu de terrain Zé Roberto : « Nous sommes conscients de l’importance de ce match. Nous devons jouer bien et revenir avec les trois points ».
Lors du précédent match, l’ancien international brésilien s’est offert un doublé. Cela n’a cependant permis aux siens de l’emporter contre le Bochum. L’ensemble du staff technique et du groupe s’est alors retrouvé pour faire le dos rond et analysait ce qui n’allait pas. « Durant la trêve internationale, on s’est réunis » a ajouté Zé Roberto, poursuivant : « On est revenus sur nos contre-performances avant de s’accorder sur le fait que les échéances à venir sont d’une très grande importance ». Sur ce point là, il n’y a, en effet, aucun doute. Auteur de son plus mauvais début de saison depuis trente ans, le Bayern ne peut se permettre de s’enliser encore plus.
Klinsmann met fin à la rotation
S’il y a bien une personne que cette situation défavorise grandement c’est bien Jurgen Klinsmann. Le successeur d’Ottmar Hitzfeld au poste d’entraîneur n’a jamais été aussi critiqué durant sa carrière, même au temps où il dirigeait la Manschaft. La presse allemande exige continuellement sa tête et l’ancien monégasque ne doit son maintien qu’au soutien de ses responsables. Ces derniers, à l’image du président Karl-Heinz Rummenigge ne voient, pour l’instant, pas l’intérêt de procéder à de profonds changements. Toujours est-il, « Klinsie » n’a plus une très grande marge de manœuvre. Il le sait mieux que quiconque. « Nous voulons occuper une position très différente à celle qui est la nôtre aujourd’hui » a-t-il clamé cette semaine. La volonté de rebondir est donc bien là, mais sera-t-elle suivie par les actes. Là est toute la question.
Durant les deux premiers mois de la compétition, Klinsmann a failli dans certaines de ses directives. A titre d’exemple, il a probablement commis une erreur en imposant un système de rotation et de concurrence, préjudiciable à l’équilibre de l’équipe première. Il s’en est manifestement rendu compte et désormais il compte y remédier. « Dans les prochaines semaines, vous allez certainement voir se dessiner une équipe-type » a-t-il certifié au journal Kicker, précisant tout de même : « cela a toujours été notre intention ». Toutefois, il ne faut pas s’attendre à ce que cela se concrétise rapidement. Les champions d’Allemagne comptent plusieurs blessés actuellement (Hamit Altintop, Willy Sagnol et Christian Lell) et le calendrier très chargé qui se profile à eux ne favorise pas réellement la stabilité du onze de départ. Des écueils qu’ils devront tout de même surmonter car ils ne disposent plus d’aucun joker. Et ils ont intérêt de le faire avec conviction, sous peine de faire encore bouillir de colère les fidèles de l’Allianz Arena.