| Le Maroc, le Football et la Politique |
| Equipes Nationales - Histoire des Lions |
| Écrit par Mohamed.A |
| Lundi, 12 Octobre 2009 16:38 |
|
Un certain Alfred Wahl a dit : « Le football est bien un phénomène social et culturel central dans la France d’aujourd’hui », je pense que la phrase ne perd rien de sa pertinence en disant : « Le football est bien un phénomène social et culturel central dans le Maroc d’aujourd’hui ».
La place du sport va grandissante dans le monde entier et le football en est le grand privilégié. Des compétitions extraordinaires sont d’ailleurs organisées pour célébrer cette disciplines, coupe du monde, coupe d’Europe, coupe d’Afrique… Autant d’événements qui attisent les passions de millions de personnes. Prenons pour exemple concret la coupe du monde 1998 en France, le 12 juillet 1998, ce fut la finale de la Coupe du Monde au Stade De France. Le match embrase évidemment la France entière, et les audiences TV sont élevées, 25 millions en moyenne, dont 20,6 sur TF1. C'est le record absolu de la télé française depuis que les études d'audience sont opérationnelles dans ce pays. À l'occasion de ce match, la Une engrange une recette record de plus de 9.150.000 euros ; le spot de 30 secondes de publicité atteint le coût record de 230.000 euros. On estime que 22 millions de Britanniques, 27 millions d'Allemands et 10 millions d'Américains ont notamment regardé cette finale en direct pour un chiffre global mondial de 1,7 milliard de téléspectateurs. C'est la meilleure audience télévisée mondiale de tous les temps. L'audience globale mondiale de 40 milliards d'individus pour l'ensemble de la compétition marque également un autre record affolant. Les droits télé s'élevèrent à environ 131.000.000 d’euros. Rien que ça … Un autre aspect montre que le football est incontestablement un phénomène de société est l’échec qui trouve son origine dans les défaites sportives. Prenons cette fois ci pour exemple l’élimination prématurée des lions de l’atlas en coupe d’Afrique 2006 ou 2008, vécu comme un drame national, celle-ci engendre même un tapage à tous les niveaux des médias. Le personnel politique ne rate pas cette occasion pour monter au créneau, prise publique de position pour cette cause nationale : Le football. Maroc, 1961, Sa majesté Hassan II, grand amoureux du football, encourage l’équipe de l’époque à se qualifier au mondial, en ce temps là, la FIFA n’octroyait qu’une demi-place au continent Africain en lui imposant un match barrage; le Maroc échoue au porte du mondial, ce qui a le don d’agacer Feu Hassan II qui décide alors de transmettre un courrier à la FIFA pour demander une place à part entière à l’Afrique. Neuf ans plus tard, le Maroc se qualifie enfin à une phase finale de la coupe du monde, ce fut celle de Mexico 70. A la grande surprise de tous les observateurs de l’époque, les lions de l’atlas mène 1-0 face à la redoutable équipe d’Allemagne. Le célèbre chanteur Ahmed El Bidaoui qui regardait le match avec le roi, appelle alors la RTLM qui diffusait le match pour lui communiquer la volonté royale : « Si le score reste ainsi, ne coupez pas l’antenne, le roi passera peu être rendre hommage aux joueurs et décréter un jour férié national ». Le Maroc a finalement perdu, mais avec les honneurs. Vainqueur aux jeux méditerranéens, le roi les invitera au palais de Skhirat pour les félicités. Ce n’est qu’en 1986, que le Maroc participera à sa seconde coupe du monde, toujours à mexico, Merry Krimau auteur d’un but historique lors de ce mondial déclare : « Hassan II nous suivait de très près et voulait savoir ce qu’on faisait, il regardait le match, nous appelait au téléphone. Il nous avait à l’œil parce qu’il aimait cette équipe nationale. Nous n’étions pas seuls». Et d’ajouter : « On a effectué une tournée de trois mois au Mexique. On était choyés, on n’avait besoin de rien. On a fait un petit tour à New York grâce au roi. On est sensibles à ces gestes-là. C’était trop fort». Beaucoup de ténors du makhzen ont supervisé des clubs : Mohamed Mediouri, homme de confiance de Hassan II, pour le Kawkab de Marrakech, Driss Basri, ex-ministre de l’Intérieur, pour la Renaissance sportive de Settat et le général Hosni Benslimane pour les Forces armées royales et plus récemment Ali fassi fihri, pour le FUS (Fath Union Sport). Leur départ a provoqué la chute ou la baisse de régime de leurs clubs protégés. Autre exemple, en 1976, le pouvoir se méfiait de l’USFP (Union socialiste des forces populaires) et voulait lui couper la route par la voie de l’UC (Union constitutionnelle). Cette dernière s’est imposée à Casablanca par le biais du Raja. Une force politique qui s’impose donc en utilisant la popularité d’une équipe. C’est ce que tente de faire actuellement Mounir El Majidi avec l’équipe du FUS. Depuis l’Istiqlal, le Palais a cherché à préserver l’équilibre entre les élites fassies et amazighes, « un conflit qui s’est exprimé à travers les matchs entre le Wydad (fassis) et le Raja (Amazighs) », atteste le politologue Mohamed Darif. Le football est donc une force politique. Un moyen de mobilisation. Cela explique les aides astronomiques que le gouvernement déploie pour maintenir a flot ce sport qui d’un point de vue médical est à l’agonie. La dernière en date, 250 millions de dirhams alloués à la FRMF pour la restructuration du football national. Au programme, professionnalisation du championnat national, création de centre de formation, modernisation des stades, restauration des équipes de jeunes… Le Maroc veut tout simplement former une élite de football local. Ce n’est pas la première fois que le gouvernement sort le portefeuille, le lendemain de la finale de la coupe d’Afrique 2004, un million de dirhams à chaque joueur et deux millions à Baddou Zaki et Nourredine Naybet en guise de reconnaissance. « Le roi défunt finançait l’équipe nationale. A chaque fois qu’elle avait besoin de quelque chose, il était là », raconte l’ancien joueur Merry Krimau. Hassan II a toujours encouragé ou récompensé les joueurs de l’équipe nationale à l’aide de primes. « Les primes sont négociées avec le ministère et la Fédération. Maintenant, lorsqu’un joueur demandait de l’argent il obtenait toujours gain de cause, mais ce sont des choses qui relèvent du domaine privé », souligne Krimau. Le Maroc compte bien sur le football, pour se faire valoir à l’échelle planétaire, mais sa ne sera pas pour cette fois ci. Au sein du palais, la non-qualification du Maroc au mondial 2010 est perçue comme un drame national. Le même Maroc, sur le plan politique, compte bien imposer son leadership sur le continent africain. Pour rappel, le Maroc s’est retiré de l’union africaine en 1984 pour protester contre l’admission en son sein de la RASD. Depuis, dans les couloirs du palais, le regret se fait sentir concernant ce retrait, d’où la création de la coopération sud-sud impulsée par le gouvernement marocain qui est sensé optimiser les relations maroco-africaine et favoriser le retour du Maroc au sein de l’organisation africaine. Cette coupe du monde sur le sol africain est le symbole d’un « continent émergeant » qui s’assume et qui devient indépendant .Une si belle occasion gâchée, une si belle opportunité de se faire valoir lors de cette compétition ou le monde entier aura les yeux rivés sur les équipes Africaines, cette coupe du monde provoquera certainement pour plus de 35 millions de lions de l’atlas, la même sensation que de ne pas être invité au mariage de son meilleur frère. Commentaires (0)
![]() |



RSS LDA